DOCUMENTATION GÉNÉRALE

L’eau est présente sur Terre sous forme solide (neige, glace), liquide (pluie, lac, rivière) et gazeuse (vapeur d’eau formant les nuages). La majorité de l’eau, soit 97,5 %, est salée tandis que les 2,5 % restants sont présents sous forme d’eau douce1. L’eau dite saumâtre correspond à une eau contenant une faible teneur en sel. Elle représente un pourcentage infime de l’eau présente sur Terre et est généralement trouvée dans des lieux de rencontre entre l’eau douce et l’eau salée (estuaires de fleuves par exemple)2.

L’eau est en perpétuel mouvement et réalise un cycle sur Terre, appelé le cycle de l’eau. Ce dernier est illustré dans le schéma ci-dessous.

Cycle de l’eau (© OBV Duplessis)


L’eau présente dans les mers et océans, sous l’effet de la chaleur du soleil, s’évapore et se condense pour rejoindre l’atmosphère sous forme de nuage. Les activités volcaniques émettent aussi localement de la vapeur d’eau dans l’atmosphère ainsi que les plantes, lors du phénomène d’évapotranspiration. Cette vapeur d’eau retombe ensuite sur Terre sous forme de précipitations, c’est à dire de glace, de neige ou de pluie. La neige et la glace fondent et, tout comme la pluie, ruissellent au sol et alimentent les lacs et les rivières, puis les océans. Une autre partie de l’eau tombée au sol s’infiltre sous terre et ressurgit sous forme de source ou s’écoule sous forme d’eau souterraine jusqu’aux océans, bouclant ainsi le cycle3,4.

L’eau douce est essentielle à la vie de tous les organismes, dont l’être humain, qui l’utilise notamment pour sa consommation d’eau potable. L’humain se sert aussi de l’eau quotidiennement pour, entre autres, les activités agricoles, l‘industrie (papeteries, industries métallurgiques, centrales hydroélectriques, etc.), le commerce (transport de biens et de personnes), les activités domestiques (ménage, cuisine, hygiène) et le tourisme5. Elle constitue de plus un habitat essentiel pour de nombreuses espèces végétales et animales1.

Références

WWF Suisse. (2006). Dossier pédagogique. L’eau. World Wide Fund for Nature. https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2017-09/2006-07-materiel-pedagogique-dossier-pedagogique-l-eau.pdf
CNRTL. (2012). Saumâtre. Centre national de ressources textuelles et lexicales. https://www.cnrtl.fr/definition/saum%C3%A2tre
3 Gouvernement du Canada. (2013). Notions élémentaires sur l’eau : le cycle hydrologique. Environnement et Changement climatique Canada. https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/eau-apercu/notions-elementaires/cycle-hydrologique.html#
4 SIGES Aquitaine. (2012). Le cycle de l’eau. Système d’information pour la gestion des eaux souterraines en Aquitaine. http://sigesaqi.brgm.fr/Le-cycle-de-l-eau-356.html
Gouvernement du Canada. (2016). Section 3 : La demande d’eau au Canada. Statistique Canada. https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/16-201-x/2010000/part-partie3-fra.htm

 

Une ressource rare

L’eau douce constitue 2,5 % de l’eau disponible sur Terre, le reste étant de l’eau salée1. Parmi ces 2,5 %, environ 1 % est accessible facilement sous forme d’eau de surface (rivières et lacs) ou d’eau souterraine, le reste étant à l’état solide, sous forme de glacier. Ainsi, l’eau que nous buvons constitue une denrée rare et peu disponible2.

L’eau, une ressource rare (© D. Heenpella)


Les Québécois font partie des plus grands consommateurs d’eau potable à l’échelle mondiale3. L’eau potable est chaque année largement gaspillée, notamment par l’arrosage intensif des gazons et pelouses en été2.

Économiser l’eau permet d’économiser de l’argent

Le traitement de l’eau, pour la rendre consommable, est coûteux. Économiser l’eau permet de sauver de l’argent. Ainsi l’eau potable devrait être utilisée principalement à des fins de consommation2,3.

Économiser l’eau pour limiter l’impact des changements climatiques et protéger la biodiversité

Les changements climatiques modifient la répartition et la disponibilité de l’eau sur la planète. Ainsi, d’ici 2050, la quantité d’eau présente dans les rivières et les lacs va être généralement réduite. Cette réduction va entraîner une modification des habitats naturels et une perte de biodiversité2.

Rivière Moisie (© C. Reis)

 

Trucs et astuces

Dans la cuisine4,5:

  • Remplir le lave-vaisselle au complet avant de le lancer ou faire sa vaisselle dans un évier rempli d’eau à la place de laisser l’eau couler.
  • Réutiliser les eaux de cuisson pour arroser les plantes.

Dans la salle de bain4,5:

  • Couper l’eau pendant le brossage des dents, le rasage ou la toilette quotidienne.
  • Prendre une douche rapide plutôt qu’un bain et couper l’eau le temps de se savonner ou de se laver les cheveux.
  • Ne pas se servir de la toilette comme d’une poubelle.
  • Installer un outil réducteur de volume pour le réservoir de la toilette ou choisir une toilette à faible consommation d’eau.
  • Installer des aérateurs sur les robinets et installer une pomme de douche à faible débit.
  • Régler les problèmes de fuites (toilette et robinets) lorsqu’ils surviennent.
  • Régler le niveau d’eau de la laveuse en fonction de la quantité de vêtements à l’intérieur.

À l’extérieur4,5:

  • Arroser le matin ou le soir au pied des plantes.
  • Rediriger l’eau des gouttières dans les plates-bandes ou sur le gazon.
  • Se doter d’un baril récupérateur d’eau de pluie pour laver la voiture, arroser les plantes et remplir l’aquarium.
  • Garder le gazon entre 6 et 10 cm de hauteur, il retiendra davantage l’humidité et gardera une meilleure apparence.
  • Remplir la piscine à moins de 20 cm du bord.
  • Utiliser une toile pour recouvrir la piscine afin de limiter l’évaporation de l’eau.
  • Laver la voiture avec un seau rempli d’eau plutôt qu’au boyau d’arrosage.
  • Utiliser un balai ou de l’eau de pluie pour nettoyer les surfaces imperméables extérieures (terrasse, patio, stationnement).

Références

1 WWF Suisse. (2006). Dossier pédagogique. L’eau. World Wide Fund for Nature. https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2017-09/2006-07-materiel-pedagogique-dossier-pedagogique-l-eau.pdf
2 Réseau Environnement. (s. d.). Programme d’économie d’eau potable. Pourquoi économiser l’eau au Québec. Réseau Environnement. http://peep.reseau-environnement.com/economisez-leau/pourquoi-economiser-leau-au-quebec/
3 Radio Canada. (2018). L’eau potable : ne nous rendons pas à la dernière goutte. Radio Canada. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1112584/eau-potable-gaspillage-solution-montreal-quebec-archives
4 Réseau Environnement. (s. d.). Programme d’économie d’eau potable. Trucs et astuces. Réseau Environnement. http://peep.reseau-environnement.com/economisez-leau/trucs-et-astuces/
5 Ville de Sept-Îles. (2020). Consommation et économie de l’eau potable. Service des communications. http://ville.sept-iles.qc.ca/fr/economie-de-leau-potable_53/

Définition

La loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques, en vigueur depuis 2018, énonce une définition officielle de ces derniers2 :

« Lieux d’origine naturelle ou anthropique qui se distinguent par la présence d’eau de façon permanente ou temporaire, laquelle peut être diffuse, occuper un lit ou encore saturer le sol et dont l’état est stagnant ou en mouvement. Lorsque l’eau est en mouvement, elle peut s’écouler avec un débit régulier ou intermittent. »

Les milieux humides sont caractérisés par la présence d’une végétation dominée par des espèces hygrophiles (qui aiment l’eau) et de sols hydromorphes (sol où la saturation régulière en eau est physiquement détectable). La Droséra à feuilles rondes (Drosera rotundifolia) et les Carex (Carex spp.) sont des exemples de végétation typique des milieux humides. Les milieux humides et hydriques sont nombreux et diversifiés. Ils incluent, entre autres, les tourbières, les marais, les lacs et les rivières.

Milieu hydrique, lac des Rapides (© C. Reis)

Milieu humide, tourbière de la plaine Checkley (© C. Reis)

 

 




Fonctions des milieux humides

Les milieux humides rendent de nombreux services écosystémiques2,3 :

  1. Ils jouent un rôle de zone tampon où, comme une éponge, ils sont capables d’absorber de grandes quantités d’eau, limitant ainsi les inondations. Leurs réserves d’eau accumulées permettent aussi d’atténuer les effets des sécheresses.
  2. Leur végétation contribue à la stabilisation des sols, la purification de l’air et permet la filtration de l’eau, déchargeant cette dernière de ses contaminants.
  3. Ce sont des puits de carbone, indispensables à la lutte contre les changements climatiques.
  4. Ils produisent des ressources naturelles et fauniques (tourbe, fruits, espèces chassables).
  5. Les habitats qu’ils contiennent sont essentiels à la préservation de la biodiversité (faune et flore).
  6. Ils constituent un attrait touristique, pédagogique, scientifique et culturel.

Schéma des services écosystémiques et bien-être humain associé (© IUCN Water. Modifié par OBVD)


Importance des milieux humides

Les milieux humides, de par leurs multiples fonctions, sont essentiels à l’Homme. Leur dégradation entraîne la perte des services écologiques qu’ils procurent, ayant des répercussions négatives sur la sécurité, la santé, l’économie et les relations sociales. Des inondations plus importantes, l’érosion des sols, une diminution de la qualité de l’eau ou encore la perte de biodiversité sont des exemples de conséquences de la dégradation des milieux humides2,3.

Portrait des milieux humides de Duplessis

La région de Duplessis contient 6,41 % de milieux humides sur son territoire, soit 10 348,89 km2. Ces derniers sont principalement des tourbières, des marécages arborescents, des étangs de castors et des marais salés sur le littoral4.

La plaine côtière, qui s’étend de la bordure du golfe du Saint-Laurent vers l’intérieur des terres jusqu’à atteindre 100 m d’altitude, contient une importante concentration de tourbières à mares dont quelques-unes sont exploitées pour la production de tourbe. La tourbe est une accumulation de matière organique utilisée principalement comme matière combustible et pour des usages horticoles. D’autres tourbières accueillent des usages récréatifs, notamment la cueillette de petits fruits et la chasse à la sauvagine4,5.

Les milieux humides de Duplessis abritent une faune et une flore spécialisées. La Sarracénie pourpre (Sarracenia purpurea), la Grosse canneberge (Vaccinium macrocarpon), le Hibou des marais (Asio flammeus) ou encore le Grenouille des bois (Lithobates sylvaticus) sont des exemples d’espèces qui occupent cet habitat4,5.

Hibou des marais (© I. Shah)

Hibou des marais (© I. Shah)

Sarracénie pourpre (© M. Linnamagi)

Sarracénie pourpre (© M. Linnamagi

 
Références

1 Gouvernement du Québec. (2020). Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques. Ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les Changements Climatiques. http://www.environnement.gouv.qc.ca/eau/milieux-humides/loi.htm
2 Gouvernement du Québec. (s.d.). Rapport sur l’état de l’eau et des écosystèmes aquatiques au Québec. Quels sont les effets sur vous ? Ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les Changements Climatiques. 
 http://www.environnement.gouv.qc.ca/rapportsurleau/Etat-eau-ecosysteme-aquatique- milieuHumides-effets.htm
3 Blais, A. (2013). Les milieux humides… une richesse nationale. Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec. http://www.crecq.qc.ca/adnbase/js/wysiwyg/plugins/ExtendedFileManager/u ploads/166/m__moire/M__moire.pdf
4 Dulude, P. & Beaulieu, J. (2009). Portrait des milieux humides et de leurs terres hautes adjacentes de la région administrative de la Côte-Nord. Canards Illimités Canada. https://www.ducks.ca/assets/2016/12/PRCMH_R09_CTND_2009_portrait_text e.pdf 
5 Bérubé, V. (2013). Les petits fruits indigènes. Groupe de recherche en écologie des tourbières. http://www.gret-perg.ulaval.ca/fileadmin/fichiers/fichiersGRET/img/divers/ livret_petits_fruits_indigenes_Qc.pdf

Les zones bioclimatiques

Un domaine bioclimatique est un territoire où la végétation et le climat sont globalement homogènes. Il existe dix domaines bioclimatiques au Québec : l’érablière à caryer cordiforme, l’érablière à tilleul, l’érablière à bouleau jaune, la sapinière à bouleau jaune, la sapinière à bouleau blanc, la pessière à mousses, la pessière à lichens, la toundra forestière, la toundra arctique arbustive et la toundra arctique herbacée1.

Carte des domaines bioclimatiques du Québec (© Gouvernement du Québec, modifié par OBVD)


Le territoire de Duplessis est couvert par le domaine de la sapinière à bouleau blanc sur la zone côtière, de Baie-Trinité à Sept-Îles. Les extrêmes nord des bassins versants des rivières Moisie et Romaine sont sous l’influence du domaine de la pessière à lichens. Enfin, le reste du territoire se situe dans le domaine bioclimatique de la pessière à mousses2.

Végétation typique terrestre

Le domaine de la pessière à mousses s’étend jusqu’au 52e parallèle nord environ. Le couvert forestier y est dominé par l’épinette noire (Picea mariana). Cette dernière forme des peuplements monospécifiques (c’est-à-dire qu’elle est la seule espèce végétale présente sur de grandes surfaces), mais peut aussi s’associer à d’autres espèces telles que le sapin baumier (Abies balsamea). Des sapinières peuvent occuper certains versants de collines. Par ailleurs, des feuillus sont aussi présents dans ce domaine. Il s’agit principalement du bouleau blanc (Betula papyrifera), du peuplier faux tremble (Populus tremuloides) et du peuplier baumier (Populus balsamifera). Les sous-bois sont colonisés par des mousses hypnacées et des plantes arbustives de la famille des Éricacées (famille des bruyères, canneberges, bleuets ou encore du thé du Canada). Enfin, les espèces herbacées (c’est-à-dire les plantes non ligneuses, qui ne contiennent pas de bois) sont peu nombreuses2.

Peuplier faux-tremble (© L. Camp)

Bouleau blanc (© F. D. Richards)

Épinette noire (© N. A. Tonelli)

 

 

 

 

 

Le domaine de la sapinière à bouleau blanc est dominé par des peuplements de sapins et d’épinettes blanches (Picea glauca), mélangés à des bouleaux blancs. Des espèces telles que l’épinette noire, le pin gris (Pinus banksiana) et le mélèze (Larix laricina), souvent accompagnées de bouleaux blancs ou de peupliers faux tremble, peuvent aussi être répertoriées2.

Épinette blanche (© F. D. Richards)

Épinette blanche (© F. D. Richards)

Mélèze          (©F. D. Richards)

Mélèze laricin (©F. D. Richards)

Mélèze - cônes (© Multivac42)

Mélèze – cônes (© Multivac42)

Pin gris (© Superior National Forest)

Pin gris (© Superior National Forest)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le domaine de la pessière à lichens s’étend du 52e au 55e parallèle nord. Il se différencie de celui de la pessière à mousses par la faible densité de couvert forestier. L’épinette noire ponctue les tapis de lichens. Le sapin baumier et le pin gris atteignent la limite nordique de leur aire de répartition2.

Pessière à lichens (© Peupleloup)

Végétation typique des bandes riveraines

Les bandes riveraines sont définies comme étant les espaces de 10 à 15 mètres de large bordant les milieux aquatiques. Ce sont donc des lieux de transition entre deux écosystèmes, milieu aquatique et milieu terrestre, appelés aussi écotones3.

Les bandes riveraines du territoire de Duplessis sont composées d’une végétation hygrophile (végétation ayant une préférence pour les lieux humides) incluant des espèces telles que l’aulne rugueux (Alnus rugosa), le cornouiller stolonifère (Cornus stolonifera), le framboisier sauvage (Rubus idaeus), le sureau rouge (Sambucus pubens) ou encore le sorbier d’Amérique (Sorbus americana)4,5.

Aulne rugueux (© J. Lee)

Framboisier sauvage (© Zaqqy)

Sorbier d’Amérique (© WhatsAllThisThen)

 

 

 

 

 

 

La végétation aquatique

Elle est composée de plantes aquatiques, de mousses (bryophytes) et d’algues. Un exemple d’espèce trouvée dans les plans d’eau de la région est le rubanier à feuilles étroites (Sparganium angustifolium)6.

Rubanier à feuilles étroites (©A. Zharkikh)

Références

1 Gouvernement du Québec. (2020a). Thésaurus de l’activité gouvernementale. Fiche du terme – Domaine bioclimatique. Services Québec. http://www.thesaurus.gouv.qc.ca/tag/terme.do?id=4318
2 Gouvernement du Québec. (2019). Zones de végétation et domaines bioclimatiques du Québec. Ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs. https://mffp.gouv.qc.ca/forets/inventaire/inventaire-zones-carte.jsp
3 Gouvernement du Québec. (2020b). Bandes riveraines. Ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les Changements Climatiques. http://www.environnement.gouv.qc.ca/eau/flrivlac/bandes-riv.htm
4 Conseil régional de l’environnement de la Côte-Nord (CRECN). (s.d.). Guide des bonnes pratiques du villégiateur sur la Côte-Nord. CRECN. http://www.crecn.org/CLIENTS/1-crecn/docs/upload/sys_docs/GV__Francais_ld.pdf
5 Landry, A. (2012). Étude sur la capacité de séquestration d’une bande riveraine naturelle. Organisme de bassins versants Manicouagan. https://obvm.org/images/pcges/etude_ges.pdf
6 Morneau, M.M. & Caron, S. (2016). Portrait des milieux naturels (PMN) de Sept-Îles. CRECN. http://milieuxnaturels.septiles.ca/PMN_SI_FINAL.pdf

Les invertébrés regroupent l’ensemble des espèces n’ayant pas de squelette osseux ni cartilagineux1. Il s’agit principalement des vers, des insectes, des crustacés et des mollusques. C’est un groupe essentiel aux chaînes alimentaires, servant notamment de nourriture aux amphibiens, aux poissons et aux oiseaux.

Parmi les invertébrés, certaines espèces sont très tolérantes aux pollutions ou aux modifications de leur habitat tandis que d’autres vont y être très sensibles. Ainsi, l’étude des communautés d’invertébrés présentes dans un habitat donné permet de déterminer la qualité de ce dernier. Les invertébrés sont des espèces dites bio-indicatrices de la qualité du milieu2.

Les insectes aquatiques de Duplessis et leur écologie

Le groupe des insectes est caractérisé par la présence de 6 pattes et de 2 antennes. Leur corps est divisé en trois parties au stade adulte : la tête, le thorax et l’abdomen3.

Caractéristiques des insectes représentées chez la fourmi (© Fuzzy Lux, modifié par OBVD)

Les insectes aquatiques sont très diversifiés. Certains passent leur cycle de vie entier dans l’eau, tandis que d’autres y vivent uniquement sous leur forme larvaire. C’est le cas des libellules, où la larve est aquatique et l’adulte aérien4.

Plusieurs grands groupes d’insectes, aussi appelés ordres, sont présentés ci-dessous.

Les odonates

L’ordre des odonates regroupe les libellules et les demoiselles. Les demoiselles, ou zygoptères, sont de petite taille, ont le corps fin et, lorsqu’elles sont posées, tiennent leurs ailes repliées au-dessus d’elles. Les quatre ailes des demoiselles sont de tailles similaires. Les libellules, ou anisoptères, sont de plus grande taille que les zygoptères et lorsqu’elles sont posées, tiennent leurs ailes largement étendues. De plus, leurs ailes antérieures sont plus fines que leurs ailes postérieures5.

Calopteryx maculata, Zygoptère (© V. DeLoach)

Leucorrhinia hudsonica, Anisoptère (© M. Hedin)

 

 

 

 

 

 

Ce sont des insectes carnivores aux stades larvaire et adulte. Ils consomment des invertébrés mais aussi, au stade larvaire uniquement, des vertébrés tels que têtards et petits poissons. Le cannibalisme est fréquent chez les odonates4.

Ils vivent plusieurs années sous leur forme larvaire et quelques semaines au stade adulte. La plupart des espèces sont sédentaires mais quelques-unes sont migratrices. Les odonates forment diverses communautés qui sont retrouvées dans différents types d’habitats tels que lacs, mares, rivières ou encore tourbières.

Les diptères

L’ordre des diptères rassemble les insectes possédant une unique paire d’ailes au stade adulte (et non deux comme les autres insectes). Il s’agit par exemple des mouches noires (Simuliidés) et des moustiques (Culicidés) qui ont leur stade larvaire aquatique alors que le stade adulte est aérien. Attention, tous les diptères n’ont pas une phase aquatique dans leur cycle de vie. Par exemple, le cycle de vie de la mouche domestique (Musca domestica) est entièrement terrestre (les larves, ou asticots, ne vivant pas dans l’eau mais sur des matières organiques telles qu’un cadavre)6.

Mouche noire (© C. Quintin)

Larve de moustique (© AFPMB)

 

 

 

 

 

 

 


Les diptères jouent un rôle essentiel dans les chaînes alimentaires, servant de nourriture à de très nombreuses espèces. Les larves aquatiques ont des régimes alimentaires qui varient en fonction de l’espèce. Elles peuvent être phytophages (régime végétarien) ou carnassières (consommation de matières animales).

Les hémiptères

L’ordre des hémiptères regroupe plusieurs sous-ordres dont, entre autres, les punaises, les pucerons et les cigales. Ce sont des insectes piqueurs-suceurs ayant leurs pièces buccales modifiées en un rostre7.

Rostre de cigale (© G. J. Kole, modifié par OBVD)

Concernant le sous-ordre des punaises, certaines espèces, telles que les Corixidae, sont strictement aquatiques tandis que d’autres sont dites semi-aquatiques, c’est à dire qu’elles vivent à la surface de l’eau, comme c’est le cas pour les Gerridae7.

Gerridae (© P. Kavanagh)

Corixidae (© USFWS Midwest Region)

 

 

 

 

 

 

Les larves et les adultes ont le même régime alimentaire qui est carnassier (invertébrés, petits poissons, têtards, etc.) pour la majorité des espèces, les restantes étant phytophages (algues, végétation en décomposition, etc.).

Les plécoptères

L’ordre des plécoptères est caractérisé par de grandes ailes repliées sur le dos, deux longues antennes, deux griffes au bout de chaque patte et deux cerques présents au bout de leur abdomen8.

Plécoptère et ses principales caractéristiques (© F. Vassen, modifié par OBVD)

Ce sont des insectes dont le stade larvaire est aquatique et le stade adulte est aérien. Les larves vivent 1 à 3 années et sont soit phytophages, soit carnassières en fonction des espèces. Les adultes ne se nourrissent pas et ont une courte durée de vie. La présence de larves de plécoptères dans un habitat est généralement synonyme de bonne qualité de ce dernier car elles vivent dans des milieux bien oxygénés et ne tolèrent pas la pollution8.

Les crustacés de Duplessis et leur écologie

Les crustacés sont caractérisés par un corps divisé en trois segments principaux : le céphalon (la tête), le péréion (le thorax) et le pléon (l’abdomen). Ils ont généralement 4 antennes et 8 à 16 pattes3.

Schéma de l’anatomie générale d’un crustacé (© H. Hillewaert)

De nombreuses espèces de crustacés d’eau douce peuplent les lacs et les rivières tels que les isopodes, les amphipodes ou encore les cladocères4. Ils se nourrissent généralement de matières organiques, comprenant des végétaux et animaux morts. Quelques espèces sont prédatrices9,10.

Isopode (© C. Quintin)

Amphipode (© Specious Reasons)

Cladocère (© Macroscopic Solutions)

Les mollusques de Duplessis et leur écologie

Ce groupe est caractérisé par un corps mou qui est protégé, pour la majorité des espèces, par une coquille. Les mollusques aquatiques d’eau douce sont divisés en deux grands groupes : les bivalves (deux coquilles) et les gastéropodes ou escargots (une coquille). Ce sont des organismes phytophages, détritivores (consommation de matières mortes) ou filtreurs (filtration de matières organiques en suspension). Ils colonisent aussi bien les eaux stagnantes que les eaux courantes4,11.

Parmi les espèces présentes sur le territoire de Duplessis, sont trouvées la mulette perlière (Margaritifera margaritifera) ou encore les limnées (Lymnaea sp)11.

Mulette perlière (© Natural England)

Limnée (© R. Hodnett)

 

Le stade larvaire de la mulette perlière est très sensible à la qualité du milieu. Cette espèce est dite bio-indicatrice de la qualité des rivières qu’elle occupe. De plus, elle fait partie de la Liste des espèces de la faune susceptibles d’être désignées comme menacées ou vulnérables au Québec12.

Références

1 Centre national de ressources textuelles et lexicales. (2012). Invertébré. CNRTL. https://www.cnrtl.fr/definition/invert%C3%A9br%C3%A9
2 Charette, J. Y. (1979). L’importance des facteurs naturels dans l’utilisation des invertébrés aquatiques comme bio-indicateurs de la qualité de l’eau. Université du Québec. http://espace.inrs.ca/id/eprint/1433/1/T000034.pdf
3 Office pour les Insectes et leur Environnement. (2009a). Une question sur les insectes ? Quels sont les particularités des Arthropodes ? OPIE. http://www.insectes.org/insectes/questions-reponses.html?id_quest=628
4 Gouvernement du Québec. (2010). Guide d’identification des principaux macroinvertébrés benthiques d’eau douce du Québec. Ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les Changements Climatiques. http://www.environnement.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/macroinvertebre/index.htm
5 Office pour les Insectes et leur Environnement. (2009b). Une question sur les insectes ? Quelle est la différence entre une demoiselle et une libellule ? OPIE. http://www.insectes.org/insectes/questions-reponses.html?id_quest=680
6 Bertrand, H. (2008). Les insectes aquatiques. Les diptères. Laboratoire d’Entomologie à la Station centrale d’Hydrobiologie appliquée. https://www.kmae-journal.org/articles/kmae/pdf/1951/03/kmae195116202.pdf
7 Entomofaune du Québec. (2020). Les hémiptères. Punaises – familles. Entomofaune du Québec. http://entomofaune.qc.ca/entomofaune/punaises/punaises_familles.html
8 Eau & Rivières de Bretagne. (2018). Fiches pédagogiques Faune. Les plécoptères. Eau & Rivières de Bretagne. http://educatif.eau-et-rivieres.asso.fr/pdf/plecopteres.pdf
9 Groupe d’éducation et d’écosurveillance de l’eau. (2013a). Crustacés – Amphipodes. G3E. https://www.g3e-ewag.ca/ressources-interactives/capsules/biologie/faune/macroinvertebres/amphipodes.html
10 Groupe d’éducation et d’écosurveillance de l’eau. (2013b). Crustacés – Isopodes. G3E. https://www.g3e-ewag.ca/ressources-interactives/capsules/biologie/faune/macroinvertebres/isopodes.html
11 Clarke, A. H. (1981). Les mollusques d’eau douce du Canada. Musée national des sciences naturelles (Canada).
12 Paquet, A., Picard, I., Caron, F. et Roux, S. (2005). Les mulettes au Québec. Le naturaliste Canadien, 129(1), 78-85. https://cdpnq.gouv.qc.ca/pdf/article-mulettes.pdf